16.07.2007

Petite lueur

0ecb05054667dec1ac97cf452c6969ad.jpgSur la nationale 72 j’ai rencontré une étoile. Une toute petite étoile, à peine une lueur, si petite, si discrète, mais tellement là. Elle attendait, patiente et une peu désespérée aussi, que la folie des hommes lui permette de remonter parmi ses sœurs les étoiles. Elle était descendue pour essayer de mettre un peu de poésie et de douceur, un peu d’inutilité dans ce monde utilitaire, un peu de futilité au milieu de ces hommes présomptueux qui se veulent si réalistes, un peu de compassion au milieu de tant d’égoïsme. Sur le bord de la route, la petite étoile pleurait ; elle pleurait son échec, elle pleurait les larmes d’un monde qui ne peut plus ouvrir la porte à ses sentiments. Elle pleurait la légèreté défunte, la joie galvaudée, l’amour réduit à une ombre. Elle voulait repartir, l’étoile avant de s’éteindre totalement, mais sa lumière était devenue si pâle qu’elle ne produisait même plus d’ombre. Alors elle restait là, impuissante, malheureuse, espérant qu’un papillon ou un oiseau accepterait de l’emporter sur son dos pour la ramener parmi les siennes, mais même les oiseaux et les papillons sont devenus égoïstes. Les oiseaux ne pensent qu’à leur nid durement bâti, les papillons sont bien trop occupés à profiter de leur courte vie pour prêter attention à une petite étoile égarée.

 

J’ai consolé l’étoile, du mieux que je pouvais. J’ai soufflé doucement sur ses braises pour essayer de ranimer sa flamme, et puis j’ai pris une fronde tissée de soie, et je l’ai renvoyée là-haut. Je ne sais pas si elle est là où elle voulait tant aller, mais aujourd’hui, si je regarde bien le ciel, j’y vois une minuscule lueur qui ne s’y trouvait pas. Alors je me prends à espérer que mon amie l’étoile est heureuse, qu’elle reprendra des force et reviendra, pleine d’une force toute neuve, avec une provision de légèreté, de futilité et de compassion à distribuer aux hommes qui comprendront et accepteront d’être un peu moins intelligents, un peu moins forts, mais tellement plus humains…